Fiche abrogée — information réglementaire
L'arrêté du 18 septembre 2026 a abrogé la fiche AGRI-EQ-110 à compter du 24 septembre 2026. Aucun nouveau dossier ne peut être engagé sur cette base depuis cette date. Le contenu ci-dessous est conservé à titre informatif et archivistique. Consulter l'arrêté sur Légifrance .
Mise à jour réglementaire — 23 septembre 2026
Plantes à parfum, aromatiques et médicinales : le séchage post-récolte à température modérée était couvert par la fiche AGRI-EQ-110, supprimée depuis le 24 septembre 2026. Les opérations engagées avant cette date restent recensables par le demandeur de certificats jusqu’au 2 octobre 2026. Consulter la page financement du séchage solaire.
Après la récolte, les plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) doivent perdre une grande partie de leur humidité sans perdre ce qui fait leur valeur : couleur, arôme et composés volatils. Ce séchage post-récolte peut être accéléré par une ventilation dont l’air est réchauffé par des capteurs solaires à air ou des panneaux hybrides thermovoltaïques. Cette configuration relève de la fiche CEE AGRI-EQ-110, filière agricole, au même titre que le séchage du foin et du fourrage ou des céréales et grains.
Ce site ne prétend pas que l’insufflation solaire remplace tous les séchoirs existants ni qu’elle garantit un taux de conservation chiffré des huiles essentielles : elle vient s’y substituer partiellement ou totalement, sur tout ou partie du volume traité, selon la configuration retenue avec un professionnel qualifié.
Le séchage post-récolte des PPAM : une famille de cultures très diverse
Le sigle PPAM recouvre des cultures très différentes les unes des autres. En France, cette filière représente une surface importante — environ 69 200 hectares et 6 900 exploitations selon FranceAgriMer, dont près de 27 500 hectares pour la seule lavande et le lavandin. Elle se répartit en quatre grands usages :
- plante à parfum, valorisée pour son huile essentielle, comme la lavande ou le lavandin ;
- plante à tisane, comme la verveine, la mélisse ou la camomille ;
- plante médicinale, cultivée pour ses principes actifs ;
- plante condimentaire, utilisée en cuisine ou en assaisonnement.
Cette diversité se retrouve jusque dans le séchage lui-même. Une plante cultivée pour son huile essentielle n’est pas traitée de la même façon qu’une plante à tisane ou à poudre : la première est souvent distillée à l’état frais ou peu de temps après la coupe, tandis que la seconde doit impérativement passer par un séchage complet avant tout usage. Deux instituts techniques accompagnent cette filière au niveau national et régional, l’ITEIPMAI et le CRIEPPAM, ce dernier disposant d’un pôle dédié au machinisme et à la transformation qui traite spécifiquement du séchage des plantes aromatiques.
Pourquoi un séchage doux et à l’abri de la lumière ?
Les composés aromatiques volatils qui donnent leur valeur aux PPAM se dégradent d’autant plus vite que la température de séchage est élevée et que le temps d’exposition se prolonge. Un séchage trop chaud ou trop long affaiblit l’arôme, tandis qu’une exposition prolongée à la lumière directe altère la couleur des fleurs et des feuilles — un critère de qualité important, en particulier pour les plantes destinées à la tisane ou à l’herboristerie.
C’est pourquoi les protocoles recommandés pour les fleurs et les feuilles privilégient une température de séchage basse à modérée, sans seuil unique consensuel d’une source à l’autre : les repères observés vont d’environ 20 °C à un peu plus de 30 °C selon l’espèce et l’usage visé, la fiche AGRI-EQ-110 prévoyant une version « basse température » couvrant une plage plus large. Ce site ne fixe aucun seuil universel : le réglage exact se définit avec votre professionnel qualifié selon l’espèce, la partie de plante traitée et le débouché final.
- séchage doux à température basse à modérée pour préserver les composés aromatiques volatils ;
- obscurité / abri de la lumière directe pour limiter la dégradation de la couleur ;
- flux d’air régulier plutôt qu’un pic de chaleur bref, pour un séchage homogène sur toute la claie.
Insufflation solaire : une source d’air tempéré adaptée aux PPAM
L’insufflation solaire consiste à faire passer l’air dans un capteur solaire à air ou un panneau hybride thermovoltaïque avant sa mise en circulation. Ce passage élève sa température de quelques degrés au-dessus de l’ambiant. Pour des cultures aussi sensibles à la chaleur que les PPAM, cette montée en température modérée, contrôlable, s’accorde mieux avec l’exigence d’un séchage doux qu’un air fortement chauffé par une source fossile.
- capteur solaire à air ou panneau hybride thermovoltaïque : configuration éligible à la fiche AGRI-EQ-110 ;
- ventilation forcée à air ambiant seul, sans capteur ni panneau : hors périmètre de la fiche.
Dans les faits, la température de l’air soufflé, le débit de ventilation et la durée totale d’exposition se règlent ensemble, avec le professionnel qualifié en charge du dimensionnement, en fonction de l’espèce cultivée et du volume à traiter à chaque campagne.
Répartition de l’air et régularité du flux : les points de vigilance
Le séchage à plat, sur des claies de séchage empilées, est la pratique la plus courante pour les PPAM. L’air doit circuler uniformément dans la matière végétale, sans zones stagnantes. Une répartition irrégulière du flux crée des écarts de température et d’humidité d’une claie à l’autre : certaines zones sèchent trop vite, d’autres restent humides plus longtemps, avec un risque de moisissures sur les lots les plus tardifs.
- claies chargées sans zones stagnantes ni tassement excessif de la matière ;
- répartition homogène du débit d’une claie à l’autre, pour limiter les écarts d’humidité ;
- surveillance régulière pendant le séchage, pour repérer une zone plus lente que les autres.
La régularité du débit compte donc autant que la température de l’air insufflé. Le dimensionnement du réseau de distribution — nombre de claies, hauteur de chargement, position des bouches de soufflage — s’étudie avec le professionnel qualifié selon le bâtiment disponible et le volume récolté à chaque passage.
Des protocoles différents selon les espèces et les débouchés
Le protocole de séchage varie sensiblement selon la partie de la plante traitée et l’usage final recherché. Les fleurs et les feuilles, les plus sensibles à la chaleur et à la lumière, demandent en général le protocole le plus doux. Les racines, écorces, graines ou fruits tolèrent le plus souvent une température de séchage plus élevée sans dommage sensible, bien que ce point reste à valider au cas par cas selon l’espèce.
Cette variabilité s’explique en partie par la notion de chémotype : au sein d’une même espèce, la composition en huile essentielle peut varier selon le terroir, le climat et le stade végétatif au moment de la récolte, ce qui justifie un réglage individualisé plutôt qu’une recette unique pour toute la filière. La récolte matinale est une pratique généralement recommandée pour limiter la perte de composés volatils avant le passage au séchoir. Elle consiste à couper les plantes tôt le matin, une fois la rosée évaporée mais avant les fortes chaleurs.
Conditions techniques et prime CEE AGRI-EQ-110
La fiche AGRI-EQ-110 encadrait trois exigences pour les PPAM, pour les seules opérations engagées avant le 24 septembre 2026 : un professionnel qualifié en charge du dimensionnement, des capteurs solaires à air ou panneaux hybrides certifiés, et un seuil de productivité conforme à la fiche. Ces critères sont détaillés sur le hub séchage solaire agricole et sur la fiche AGRI-EQ-110.
La page prime CEE séchage solaire détaille le calcul par zone climatique, avec un volume de CEE doublé en zone non interconnectée. Le montant exact dépend toujours de l’instruction du dossier par l’obligé CEE et ne peut être garanti à l’avance. D’autres filières relevaient de la même fiche AGRI-EQ-110, supprimée depuis, avec des exigences de séchage doux comparables, notamment le chanvre professionnel, dont le principe de séchage à basse température rejoint celui présenté ici, ou encore le séchage solaire des fruits et légumes de garde (châtaignes, figues, pruneaux, ail, oignon), qui repose sur le même principe d’insufflation d’air réchauffé par capteur solaire.
Deux ressources officielles permettent d’approfondir le sujet : d’une part l’arrêté du 18 septembre 2026 qui supprime l’AGRI-EQ-110, sur Légifrance, d’autre part le pôle machinisme et transformation du CRIEPPAM, centre de recherche appliquée interprofessionnel dédié aux PPAM, qui traite spécifiquement du séchage des plantes aromatiques.
Vos questions sur le séchage solaire des PPAM
Oui, à condition que l’air insufflé soit réchauffé par un capteur solaire à air ou un panneau hybride thermovoltaïque — c’était cette captation solaire qui rattachait l’installation à la fiche AGRI-EQ-110, à la différence d’une simple ventilation forcée à air ambiant. La fiche est supprimée depuis le 24 septembre 2026 : plus aucune nouvelle opération ne peut être engagée sur cette base, les dossiers engagés avant cette date restant recensables jusqu’au 2 octobre 2026.
Une exposition prolongée à la lumière directe altère la couleur des fleurs et des feuilles et accélère la dégradation des composés aromatiques volatils. Un séchage à l’abri de la lumière, combiné à une température modérée, préserve mieux la qualité visuelle et olfactive du produit fini, en particulier pour les plantes destinées à la tisane ou à l’herboristerie.
Non. Le réglage varie selon l’espèce, la partie de plante traitée — fleurs et feuilles plutôt sensibles, racines et graines plus tolérantes — et le débouché final, huile essentielle ou tisane. Ce site ne fixe aucun protocole universel : il se définit avec l’organisme filière et le professionnel qualifié en charge de l’installation, selon votre production.
Un conseiller étudie la configuration de votre exploitation, espèces cultivées, volumes récoltés et débouchés visés, pour faire le point sur les dispositifs encore ouverts. La demande de devis pour votre production est gratuite et sans engagement.