Fiche abrogée — information réglementaire
L'arrêté du 18 septembre 2026 a abrogé la fiche AGRI-EQ-110 à compter du 24 septembre 2026. Aucun nouveau dossier ne peut être engagé sur cette base depuis cette date. Le contenu ci-dessous est conservé à titre informatif et archivistique. Consulter l'arrêté sur Légifrance .
Mise à jour réglementaire — 23 septembre 2026
Vanille, curcuma, gingembre, cacao, café, poivre et piment : ces filières ultramarines séchaient par insufflation solaire dans le cadre de la fiche AGRI-EQ-110, supprimée depuis le 24 septembre 2026. Les opérations engagées avant cette date restent recensables par le demandeur de certificats jusqu’au 2 octobre 2026. Revenir à la vue d’ensemble du séchage solaire par insufflation.
Le séchage solaire épices produits tropicaux regroupe des productions ultramarines très diverses : vanille, curcuma, gingembre, cacao, café, poivre et piment. Ces filières n’ont ni le même calendrier de récolte ni le même itinéraire de transformation — étuvage pour la vanille, fermentation pour le cacao et le café, séchage direct en tranches ou en grains pour les épices — mais elles partagent toutes une étape de séchage post-récolte déterminante pour la qualité et la conservation du produit fini. Cette page rassemble ces filières parce qu’elles peuvent s’appuyer sur le même principe technique — l’air réchauffé par des capteurs solaires à air ou des panneaux hybrides thermovoltaïques — éligible à la fiche CEE AGRI-EQ-110, filière agricole.
Ce site ne prétend pas que l’insufflation solaire remplace tous les procédés de séchage traditionnels ni qu’elle garantit un taux de conservation ou une qualité aromatique chiffrée : elle vient s’y substituer partiellement ou totalement, sur tout ou partie du volume traité, selon la configuration retenue avec un professionnel qualifié.
Des filières tropicales très hétérogènes, réunies par un même besoin de séchage maîtrisé
Vanille, curcuma, gingembre, cacao, café, poivre et piment sont des cultures très majoritairement présentes en outre-mer et sous climat tropical, avec des usages et des marchés très différents les uns des autres :
- épice ou aromate transformé pour la cuisine ou l’agroalimentaire (curcuma, gingembre, poivre, piment) ;
- production de rente à forte valeur ajoutée, transformée avant commercialisation (vanille, cacao, café) ;
- filières historiquement ancrées dans certains territoires ultramarins, avec des dynamiques de relance récentes portées par des associations et des acteurs locaux.
Cette page reste volontairement générale sur ce volet ultramarin : chaque filière mérite un traitement dédié, qui pourra être développé dans une prochaine étape éditoriale. Elle se concentre ici sur le principe commun du séchage post-récolte assisté par insufflation solaire, applicable quelle que soit la localisation de l’exploitation.
Vanille : de l’étuvage au séchage lent à l’ombre
La préparation de la vanille commence par un étuvage de 24 à 72 heures, en caisses ou sous couverture, qui déclenche la maturation aromatique de la gousse. Suit un séchage solaire échelonné sur plusieurs semaines, à raison de quelques heures d’exposition par jour, puis un séchage à l’ombre pendant plusieurs mois pour affiner l’arôme et stabiliser le taux d’humidité. Les repères observés dans la filière évoquent un séchage solaire réparti sur 2 à 3 semaines, suivi d’un séchage à l’ombre de 2 à 3 mois autour de 25-30 °C, pour ramener l’humidité de la gousse jusqu’à environ 32-38 % selon les protocoles. Ce site ne fixe aucun seuil universel : ces repères varient selon l’origine, le terroir et le savoir-faire de chaque exploitation, et se définissent avec un professionnel qualifié.
- étuvage de 24 à 72h pour déclencher la maturation aromatique de la gousse ;
- séchage solaire échelonné sur plusieurs semaines, en exposition partielle et progressive ;
- séchage à l’ombre prolongé, sur plusieurs mois, pour stabiliser couleur et arôme.
Curcuma et gingembre : un séchage en tranches, rapide et maîtrisé
Le curcuma et le gingembre sont récoltés sous forme de rhizomes, le plus souvent débités en tranches fines avant séchage pour accélérer et homogénéiser la perte d’humidité. Les repères de séchage artisanal évoquent une température modérée, de l’ordre de 40 à 50 °C, sur une durée de quelques heures, jusqu’à ce que la tranche casse net sans plier — un critère empirique de fin de séchage couramment utilisé dans ces filières. Un flux d’air régulier, plutôt qu’un pic de chaleur bref, limite les écarts d’humidité entre le cœur et la surface de la tranche, un point de vigilance important pour éviter un séchage seulement superficiel.
- découpe en tranches fines pour homogénéiser le séchage d’une pièce à l’autre ;
- température modérée et durée courte, à ajuster selon l’épaisseur et le taux de charge des claies ;
- flux d’air régulier pour éviter un séchage de surface qui laisserait le cœur humide.
Cacao et café : un séchage post-fermentation déterminant pour l’arôme
Le cacao et le café partagent un point commun : leur séchage intervient après une étape de fermentation des fèves (cacao) ou directement sur la cerise entière selon la méthode dite « voie sèche » (café), et conditionne fortement le profil aromatique final. Pour le cacao, le séchage post-fermentation dure généralement de 8 à 15 jours selon la méthode retenue, naturelle ou assistée, et ramène l’humidité des fèves d’environ 55-60 % à 6-8 %. Pour le café en voie sèche, les cerises sont étalées en couche fine, retournées régulièrement et protégées la nuit ou en cas de pluie, sur une durée de 10 à 30 jours selon le climat, pour atteindre un taux d’humidité final de l’ordre de 10-12 %. Le CIRAD a documenté les enjeux techniques du séchage des fèves de cacao, notamment la maîtrise de l’acidité et des coûts énergétiques associés aux méthodes de séchage artificiel — des repères utiles pour situer l’apport d’un séchage assisté par énergie solaire.
- cacao : séchage post-fermentation, retournement régulier des fèves, surveillance de l’humidité résiduelle ;
- café voie sèche : cerises étalées en couche fine, retournées, protégées des intempéries ;
- dans les deux cas, un séchage trop rapide ou trop lent dégrade la qualité aromatique du lot.
Poivre et piment : du soleil direct à la robe noire
Le poivre noir se sèche traditionnellement au soleil, grains égrappés étalés en couche fine, sur une durée de 5 à 7 jours, parfois jusqu’à 10 jours selon les conditions climatiques. Le grain est retourné régulièrement ; c’est ce séchage au soleil qui provoque le noircissement progressif de l’enveloppe, formant la « robe » caractéristique du poivre noir. Le piment, selon l’usage recherché, se sèche soit au four à basse température (50-60 °C, sur 6 à 12 heures pour un usage domestique), soit selon la méthode traditionnelle par suspension de grappes entières à l’air libre, à l’abri de la pluie.
- poivre : séchage solaire direct de plusieurs jours, retournement régulier, formation progressive de la robe ;
- piment : séchage court à température modérée ou suspension traditionnelle à l’air libre, selon le débouché visé ;
- dans les deux cas, l’humidité résiduelle finale conditionne la conservation longue durée du lot.
Insufflation solaire : un principe commun, un réglage propre à chaque filière
Quelle que soit la matière traitée — gousse, rhizome, fève, cerise ou grain —, l’insufflation solaire suit toujours la même logique : l’air est réchauffé de quelques degrés au-dessus de l’ambiant par un capteur solaire à air ou un panneau hybride thermovoltaïque, avant d’être mis en circulation dans le séchoir, sans recours à une énergie d’appoint fossile pour cette part du besoin de chaleur.
- si l’air envoyé dans le séchoir est chauffé au préalable par un capteur solaire à air ou un panneau hybride thermovoltaïque, l’installation entrait dans le champ de la fiche AGRI-EQ-110, supprimée depuis le 24 septembre 2026 ;
- si un simple ventilateur brasse l’air ambiant sans dispositif de captation solaire, l’installation restait hors périmètre de la fiche.
Le dimensionnement exact — débit, température, durée d’exposition — se définit avec le professionnel qualifié en charge de l’installation, selon la filière traitée et le volume à sécher à chaque campagne. La répartition homogène du flux d’air sur l’ensemble des claies ou des bacs de séchage reste, comme pour les autres filières du séchage solaire agricole, un point de vigilance constant pour éviter les écarts d’humidité d’un lot à l’autre.
Conditions techniques et prime CEE AGRI-EQ-110
Comme pour les autres productions agricoles couvertes par cette fiche, l’éligibilité des filières tropicales à l’AGRI-EQ-110 reposait, pour les opérations engagées avant le 24 septembre 2026, sur trois conditions cumulatives : un professionnel qualifié pour le dimensionnement de l’installation, des capteurs solaires à air ou panneaux hybrides thermovoltaïques certifiés, et un seuil de productivité respecté selon la configuration retenue. Ces critères sont détaillés sur le hub séchage solaire agricole et sur la fiche AGRI-EQ-110.
La fiche s’appuyait sur des coefficients nationaux uniformes, applicables aussi bien en métropole qu’en outre-mer — la majorité des filières présentées ici étant cultivées en zone tropicale ou ultramarine — et ne vaut plus, depuis sa suppression le 24 septembre 2026, que pour les opérations engagées avant cette date. La page prime CEE séchage solaire détaille le calcul par zone climatique, avec un volume de CEE doublé en zone non interconnectée. Le montant exact dépendait de l’instruction du dossier par l’obligé CEE et ne pouvait être garanti à l’avance. D’autres filières relevaient de la même fiche AGRI-EQ-110, notamment le séchage solaire des fruits et légumes de garde (châtaignes, figues, pruneaux, ail, oignon), qui repose sur le même principe d’insufflation d’air réchauffé par capteur solaire.
Les seuils et modalités de calcul de la fiche, applicables aux seules opérations engagées avant sa suppression le 24 septembre 2026, sont détaillés dans notre fiche référentiel AGRI-EQ-110 ; la suppression elle-même est actée par l’arrêté du 18 septembre 2026 publié sur Légifrance.
Vos questions sur le séchage solaire des épices et produits tropicaux
Oui, si l’installation utilise un capteur solaire à air ou un panneau hybride thermovoltaïque pour réchauffer l’air avant de le souffler dans le séchoir : c’était ce point précis — la captation solaire de la chaleur — qui ouvrait le droit à la fiche AGRI-EQ-110, à la différence d’un simple brassage d’air ambiant par ventilateur. Cette fiche est supprimée depuis le 24 septembre 2026 : les opérations engagées avant cette date restent recensables par le demandeur de certificats jusqu’au 2 octobre 2026, mais aucun nouveau dossier ne peut plus être ouvert sur cette base, quelle que soit la filière traitée (vanille, curcuma, gingembre, cacao, café, poivre ou piment).
Elle s’appliquait dans les mêmes conditions en métropole et en outre-mer : les coefficients nationaux de la fiche étaient uniformes, avec un volume de CEE doublé en zone non interconnectée (DROM et Saint-Pierre-et-Miquelon). Depuis la suppression de la fiche, le 24 septembre 2026, ce cadre ne vaut plus que pour les opérations engagées avant cette date, recensables jusqu’au 2 octobre 2026. Le détail du calcul par zone climatique est présenté sur la page prime CEE séchage solaire.
Distinguer le séchage des autres étapes de transformation
Non. L’étuvage de la vanille et la fermentation du cacao ou du café sont des étapes biochimiques distinctes, réalisées avant le séchage. L’insufflation solaire n’intervient qu’au stade du séchage post-récolte, pour accélérer et homogénéiser la perte d’humidité, sans se substituer à ces étapes préalables.
Que votre exploitation cultive de la vanille, du curcuma, du gingembre, du cacao, du café, du poivre ou du piment, un conseiller étudie la configuration retenue et les volumes récoltés à chaque campagne pour faire le point sur les dispositifs encore ouverts. La demande de devis pour votre production est gratuite et sans engagement.