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Réduire l'humidité en serre : causes et solutions CEE

Humidité en serre : identifier les causes, prévenir les risques fongiques et financer votre déshumidificateur avec la prime CEE AGRI-TH-117/119.

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En serre chauffée, l’hygrométrie dépasse régulièrement 85 % HR en hiver — une zone de danger pour les cultures. Botrytis, mildiou, perte de rendement : les conséquences économiques sont directes. Bonne nouvelle : les équipements de déshumidification mécanique sont éligibles à la prime CEE via les fiches AGRI-TH-117 et AGRI-TH-119, ce qui peut financer une part significative de l’investissement.

Pourquoi l’hygrométrie est-elle critique en serre ?

L’hygrométrie relative (HR %) mesure la quantité de vapeur d’eau présente dans l’air par rapport à la quantité maximale que cet air pourrait contenir à la même température. Plus la valeur est élevée, plus l’air est saturé en humidité.

En serre, maintenir l’HR dans une plage optimale est une condition fondamentale de la réussite culturale. Chaque espèce a ses propres exigences :

  • Tomates : 60 à 75 % HR en journée, avec une tolérance un peu plus large la nuit
  • Concombres : 70 à 80 % HR, sensibles aux variations brutales
  • Laitues et salades : 60 à 75 % HR, très vulnérables au Botrytis au-delà de 85 %
  • Roses et fleurs coupées : 65 à 75 % HR, qualité marchande directement impactée par l’excès d’humidité

En dessous de 60 % HR, les plantes subissent un stress hydrique : elles ferment leurs stomates pour limiter la transpiration, ce qui freine la croissance et réduit les rendements. Au-dessus de 80 % HR, le risque de développement de maladies fongiques devient significatif et peut rapidement compromettre toute une production.

D’où vient l’excès d’humidité dans une serre ?

Comprendre d’où vient l’humidité est la première étape pour la maîtriser. En serre, les sources sont multiples et souvent cumulatives.

La transpiration des plantes est de loin la principale source. Les végétaux absorbent l’eau par leurs racines et la rejettent en grande partie par leurs feuilles sous forme de vapeur : on estime que jusqu’à 90 % de l’eau absorbée est ainsi transpirée. Pour une serre maraîchère de 1 000 m², cela représente des volumes considérables en pleine saison de croissance.

L’irrigation contribue également à l’humidification de l’air ambiant, surtout lorsque les apports sont mal calibrés. Une irrigation par aspersion mouille non seulement le sol mais projette de fines gouttelettes en suspension. Même avec un système goutte-à-goutte, un excès d’arrosage entraîne une évaporation du sol élevée.

La condensation sur les parois froides est un phénomène classique en hiver. Lorsque la température intérieure est nettement supérieure à celle de la paroi, la vapeur d’eau se condense sur le verre ou le polyéthylène et retombe ensuite sous forme de gouttelettes sur les cultures — créant des conditions idéales pour les agents pathogènes.

Les défauts d’étanchéité (joints usés, ouvrants mal fermés, passages de câbles) laissent entrer de l’air extérieur froid et humide, aggravant la condensation et déséquilibrant la gestion climatique.

Les régions à forte pluviométrie sont particulièrement exposées. En Bretagne, Normandie et plus largement dans le grand Ouest, l’air extérieur est naturellement chargé en humidité une grande partie de l’année, ce qui limite l’efficacité de la simple ventilation comme moyen de déshumidification.

Botrytis, oïdium, mildiou : les risques d’une humidité trop haute

Un excès d’humidité persistant n’est pas seulement un problème de confort pour les plantes : il représente un risque économique direct.

Le Botrytis cinerea, communément appelé moisissure grise, est le champignon pathogène le plus redouté dans les serres chauffées. Il prolifère dès que la température dépasse 15 °C et que l’HR se maintient au-delà de 85 %. Il attaque les tiges, les feuilles, les fleurs et les fruits, se propageant rapidement par voie aérienne.

L’oïdium et le mildiou sont deux autres maladies fongiques favorisées par une humidité excessive. Si l’oïdium se développe plutôt en conditions sèches avec de forts écarts thermiques, le mildiou est directement lié à des périodes de forte humidité et de condensation foliaire.

Les conséquences économiques sont concrètes : les maladies fongiques représentent l’une des premières causes de perte de rendement en serre chauffée. À cela s’ajoute un surcoût phytosanitaire important — traitements fongicides répétés, main-d’œuvre de surveillance et d’intervention — ainsi qu’une dégradation de la qualité commerciale des fruits et légumes.

Quelles solutions pour déshumidifier une serre ?

Ventilation naturelle et forcée

L’ouverture des ouvrants de faîtage ou des ventilateurs de paroi est la solution la plus simple. Elle peut suffire au printemps et en automne, quand l’air extérieur est plus sec que l’air intérieur.

Mais elle atteint rapidement ses limites : par temps froid ou pluvieux, l’air entrant est lui-même saturé en humidité, ce qui annule tout bénéfice. Chaque mètre cube d’air froid introduit entraîne une perte de chaleur significative et un coût de chauffage supplémentaire.

Le chauffage seul

Augmenter la température de l’air fait mécaniquement baisser l’HR relative : un air plus chaud peut contenir davantage de vapeur d’eau. C’est un levier rapide pour sortir d’une situation critique ponctuelle.

Cependant, le chauffage seul ne supprime pas l’humidité absolue : il la déplace et la redistribue. Dès que la température redescend (la nuit, par exemple), l’humidité relative remonte. Utilisé uniquement pour déshumidifier, il représente un coût énergétique élevé pour un résultat provisoire.

La déshumidification mécanique

Le déshumidificateur mécanique est la solution la plus efficace et la plus maîtrisée. Son principe : l’air de la serre est soufflé sur un évaporateur froid (à une température inférieure au point de rosée), ce qui provoque la condensation de la vapeur d’eau sur les ailettes. L’eau liquide est récupérée et évacuée, l’air assaini est renvoyé dans la serre.

Deux technologies sont aujourd’hui éligibles aux CEE dans le cadre de fiches spécifiques pour l’agriculture :

  • Déshumidification thermodynamique (fiche AGRI-TH-117) : la technologie la plus performante par temps froid. Le déshumidificateur intègre un circuit frigorifique qui récupère une partie de l’énergie de condensation pour réchauffer l’air traité. Les critères CEE imposent un rendement R supérieur à 2 L/kWh et une capacité C supérieure à 9 L/h. Particulièrement recommandée pour des surfaces supérieures à 500 m².

  • Déshumidification par air extérieur (fiche AGRI-TH-119) : alternative reposant sur l’introduction contrôlée d’air extérieur plus sec pour diluer l’humidité intérieure. Convient aux configurations où le renouvellement d’air peut être assuré sans perte thermique excessive.

Vous hésitez entre les deux ? Consultez le comparatif des solutions de déshumidification serre pour une vue d’ensemble.

Financer votre déshumidificateur grâce à la prime CEE

Le dispositif CEE prévoit deux fiches spécifiques pour la déshumidification des serres agricoles : AGRI-TH-117 et AGRI-TH-119. Dans les deux cas, la prime est calculée en fonction de la surface équipée, exprimée en kWh cumac par mètre carré.

Pour une serre de 1 000 m² équipée en déshumidificateur thermodynamique (AGRI-TH-117), la prime estimée se situe entre 4 970 € et 6 390 € aux cours de début 2026 (estimation indicative, sans engagement, sous réserve d’instruction du dossier).

Pour comprendre le mécanisme de calcul en détail : Prime CEE serres agricoles — fonctionnement et démarche.

Pour comparer les deux solutions côte à côte : comparatif déshumidification serre.

Pour aller plus loin sur le calcul de prime : comment les kWh cumac déterminent votre prime CEE — formules et exemples chiffrés.

Découvrez un exemple concret : un maraîcher breton a financé son déshumidificateur via AGRI-TH-117 (1 200 m², prime estimée entre 5 900 € et 7 600 €).

Les primes CEE sont des estimations indicatives, sans engagement, sous réserve d’éligibilité et d’instruction du dossier.

Comment choisir la bonne solution ?

Lecture du tableau : +++ = meilleur, + = moins performant sur ce critère.

CritèreThermodynamique (AGRI-TH-117)Air extérieur (AGRI-TH-119)
Efficacité par temps froid++++
Économies sur le chauffage+++++
Adapté surfaces > 1 000 m²OuiSelon configuration
Prime CEE (kWh cumac/m²)710440 (simple flux) / 760 (double flux)

Double flux AGRI-TH-119 : configuration à entrée et sortie d’air séparées, plus exigeante techniquement mais éligible à un coefficient plus élevé (760 kWh cumac/m² vs 440). Applicable uniquement sur les installations conformes à la notice technique de la fiche vA65-2.

Les professionnels observent généralement que la déshumidification thermodynamique offre les meilleurs résultats sur les serres de grande surface chauffées en hiver.

Étapes pour bénéficier de la prime CEE

Le dispositif CEE est soumis à une règle impérative : l’accord CEE doit être signé avant le début des travaux. Tout équipement commandé ou installé sans accord préalable n’est pas éligible à la prime.

  1. Vérifier l’éligibilité de votre serre et de votre projet — consultez la page éligibilité et documents requis.
  2. Demander un devis auprès d’un professionnel qualifié.
  3. Signer l’accord CEE AVANT de commander l’équipement — condition sine qua non.
  4. Réaliser l’installation et conserver tous les documents de réception.
  5. Déposer le dossier complet — versement de la prime après instruction.

Pour démarrer votre projet : demandez un devis personnalisé.

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