Description de l’opération
La fiche AGRI-TH-113 s’applique exclusivement aux bâtiments d’élevage de volailles de chair (poulets, dindes, pintades, canards à rôtir) — un secteur distinct des exploitations laitières visées par les fiches AGRI-TH-103 et AGRI-TH-105. L’enjeu énergétique est ici la ventilation obligatoire des poulaillers chauffés : l’air doit être renouvelé en permanence pour maintenir la qualité d’ambiance (humidité, CO2, ammoniac), mais chaque mètre cube d’air extrait emporte avec lui l’énergie de chauffage injectée dans le bâtiment.
L’échangeur de chaleur air/air transfère l’énergie thermique contenue dans l’air vicié extrait vers l’air neuf entrant, sans mélange des deux flux (principe du double flux). L’air frais entrant est ainsi préchauffé, réduisant la consommation de chauffage du bâtiment — fioul, gaz ou électricité — nécessaire pour maintenir la température d’élevage (typiquement 32-34 °C pour les poussins en démarrage, puis décroissante jusqu’à 18-22 °C en fin d’engraissement).
En aviculture, les pertes thermiques liées à la ventilation représentent le premier poste de dépense énergétique du bâtiment. L’échangeur air/air permet de récupérer une part significative de cette énergie, selon l’efficacité de l’équipement et les conditions d’exploitation.
Champ d’application
Poulaillers de poulets de chair chauffés, à usage professionnel et commercial
Bâtiments d’élevage de dindes, pintades ou canards à rôtir chauffés
Ventilation mécanique existante permettant l’intégration d’un échangeur air/air
Bâtiments d’élevage de poules pondeuses (fiches différentes)
Bâtiments non chauffés ou ventilés naturellement uniquement
Élevages non professionnels ou basse-cour domestique
Critères techniques d’éligibilité
L’échangeur éligible à AGRI-TH-113 est un dispositif de récupération de chaleur air/air spécifiquement conçu pour l’environnement avicole — un milieu chargé en poussières, plumes, ammoniac et humidité, bien différent des installations laitières (AGRI-TH-103/105) ou des silos céréaliers (AGRI-EQ-106). La conception de l’échangeur doit permettre un nettoyage aisé entre chaque bande d’élevage (vide sanitaire).
Les critères précis de performance (efficacité minimale de l’échange thermique, débit nominal, type d’échangeur admis) sont définis dans le texte officiel de la fiche AGRI-TH-113. Les valeurs exactes sont à vérifier dans le référentiel officiel.
Consultez le référentiel officiel sur ecologie.gouv.fr pour les conditions techniques précises de la fiche AGRI-TH-113 avant toute démarche de dossier.
Les éléments généralement requis :
- Type d’échangeur : échangeur à plaques, récupérateur rotatif ou autre technologie à double flux sans mélange des deux courants d’air — le choix dépend du type de ventilation du bâtiment (dépression, surpression, tunnel)
- Efficacité de l’échange : taux de récupération de chaleur répondant au seuil défini dans la fiche officielle, mesuré dans les conditions normalisées d’essai
- Compatibilité avicole : matériaux résistants à l’ammoniac et à l’humidité, démontabilité pour le nettoyage sanitaire, filtration adaptée aux poussières d’élevage
- Compatibilité aéraulique : le débit de l’échangeur doit être compatible avec le système de ventilation existant du bâtiment sans créer de perte de charge excessive
- Installation par un professionnel qualifié — aucune certification RGE n’est requise pour les opérations agricoles AGRI-TH
Calcul de la prime CEE
Le volume de kWh cumac pour AGRI-TH-113 est généralement proportionnel à la surface chauffée du bâtiment d’élevage et au débit de ventilation. Contrairement aux fiches laitières (AGRI-TH-103/105) qui se basent sur le volume de lait ou la puissance du tank, le calcul pour l’aviculture repose sur les caractéristiques du bâtiment et l’intensité de la ventilation liée au type de production (poulet de chair, dinde, etc.).
La formule exacte est définie dans la fiche officielle AGRI-TH-113 disponible sur ecologie.gouv.fr. Ne pas reproduire un coefficient non vérifié dans la version en vigueur.
Estimation indicative, sans engagement. Le montant de la prime pour un échangeur air/air en aviculture dépend de la surface chauffée du bâtiment, du nombre de bandes annuelles, du type de production avicole, du cours du marché des certificats et de l’instruction par l’obligé partenaire.
Documents requis
- Mandat CEE signé avec l’obligé ou son mandataire — à signer avant tout bon de commande
- Devis détaillé de l’installateur mentionnant la référence de l’échangeur, son débit nominal et son taux de récupération
- Description du bâtiment : surface (m²), volume (m³), type de ventilation, système de chauffage, espèce élevée
- Attestation de fin de travaux signée par l’installateur et l’éleveur
- Fiche technique de l’échangeur installé (marque, modèle, débit, efficacité thermique certifiée)
- Attestation de destination professionnelle de l’élevage
- Facture acquittée de l’installation
Professionnel qualifié requis. Les fiches AGRI prévoient l’intervention d’un professionnel qualifié. Aucune certification RGE n’est requise pour les opérations agricoles — contrairement aux opérations du secteur résidentiel.
Questions fréquentes
Un échangeur air/air à double flux est conçu sans mélange des deux courants d’air : l’air vicié extrait et l’air neuf entrant restent physiquement séparés. Ils échangent de la chaleur à travers une paroi (plaques, tubes ou rotor) sans contamination croisée. La conception hygiénique et l’entretien régulier (nettoyage et désinfection après chaque bande, pendant le vide sanitaire) sont des prérequis importants pour les élevages avicoles. Les recommandations du fabricant et des chambres d’agriculture locales doivent être suivies pour le protocole de nettoyage.
L’échangeur air/air s’intègre le plus souvent dans des bâtiments à ventilation mécanique par dépression (pression négative), qui est le système le plus répandu en aviculture française pour les poulets de chair. L’installation dans un bâtiment avec tunnel de ventilation longitudinale (utilisé en production de dindes de grande taille) nécessite une étude préalable de compatibilité aéraulique. Les bâtiments à ventilation naturelle ne sont pas éligibles. Consultez le texte officiel de la fiche et un professionnel qualifié pour vérifier l’adéquation de l’équipement à votre configuration.
L’échangeur air/air est d’autant plus intéressant que le bâtiment fonctionne intensément. Un poulailler de chair avec 5 à 7 bandes par an consomme plus de chauffage qu’un bâtiment de dinde avec 2 à 3 bandes annuelles. Le nombre de bandes n’est pas un critère d’éligibilité de la fiche AGRI-TH-113, mais il influence directement le retour sur investissement de l’opération. Le volume de kWh cumac, et donc la prime CEE, est calculé indépendamment du nombre de bandes.
Oui. L’environnement avicole est particulièrement chargé en poussières, plumes, ammoniac et humidité. L’échangeur doit être nettoyé et désinfecté à chaque vide sanitaire (entre deux bandes). Les échangeurs à plaques démontables sont généralement privilégiés pour faciliter cette opération. Un encrassement non traité réduit l’efficacité de l’échange thermique et peut créer des problèmes sanitaires. Le plan de nettoyage doit être intégré au protocole de vide sanitaire de l’exploitation.
Informations indicatives, sans engagement. Se référer au texte officiel de la fiche AGRI-TH-113 disponible sur ecologie.gouv.fr pour toute démarche.
Pour explorer toutes les fiches CEE agriculture, consultez l' index des 28 fiches AGRI , la page prime CEE serres et exploitations agricoles ou le formulaire devis CEE .
Référence légale CEE : article L221-1 du Code de l'énergie .